25 juin 2010

Lire (depuis) Le Malaise dans la culture

En 1930, Sigmund Freud publie son essai Das Unbehagen in der Kultur traduit pour la première fois en français en 1943 par  Malaise dans la civilisation puis par Le Malaise dans la culture.

Placer  un projet transdisciplinaire sous le sceau  du titre de cet essai donnera l’occasion de faire se croiser des champs variés : en un premier temps la psychanalyse, la philosophie et la littérature, mais aussi en un deuxième temps les champs disciplinaires qui se  rencontrent dans l’espace critique anglo-saxon désigné par le terme de « Cultural Studies » (sociologie, anthropologie, pensée politique, philosophie, critique littéraire, littérature).

A partir de l’essai de Freud, on donnera à  cette réflexion différentes orientations temporelles : l’une qui resituera cet essai dans son contexte de production et dans le temps de l’entre-deux guerres, et pourra s’attarder sur  les résonances immédiates de ce texte, celles qui lui sont données comme en retour mais tout aussi bien celles qui lui sont parallèles et l’accompagnent. Une deuxième qui s’attardera sur la façon dont les différentes formes que prend ce malaise de l’âme dans son rapport à la culture sont anticipées par les expressions artistiques ou littéraires du début du siècle. Une troisième enfin qui s’interrogera sur l’héritage critique de cet essai en psychanalyse, en philosophie, en littérature ainsi que dans le champ des « cultural studies ».

Le vocable « malaise », lu de manière projective ou par prétérition, implique un problème de traduction, qui enveloppe lui-même un problème philosophique : au nom de quel invariant rapproche-t-on ce vocable d’autres vocables (mélancolie, spleen, fatigue de vivre, etc.), quel que soit le sens de ces rapprochements ? Si « malaise » a un sens invariant, quel est son rapport à ses modifications historiques, à ses a posteriori, à ses événements multiples ? Si, au contraire, le vocable n’est pas un invariant et ne procède que d’une définition nominale, fixant elle-même un fonds incontrôlable, comment s’efforcer vers un sens commun de toutes ses traductions ?

Ces problèmes de traductions, qui sont, en vérité, des problèmes de pensée permettent d’introduire à une réflexion de méthode. Cette réflexion philosophique, linguistique et historique visera à circonscrire les possibilités de penser les transformations sémantiques d’un vocable.

Ce travail de recherche s’étendra sur trois années et prendra la forme de plusieurs colloques et séminaires où se croiseront les regards de chercheurs d’horizon disciplinaires divers, français ou anglo-saxons essentiellement.

 

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